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Leçon 12


Le reste et sa mission


 

Objectifs :


·       Comprendre la nature du reste eschatologique
·      Tracer le développement religieux au sein du christianisme qui a conduit à l’apparition de l’Eglise du reste
·      Comprendre la place et la mission du reste dans le monde et au sein de la chrétienté.
 

A consulter :


Ce que croient les Adventistes...,  p.160-176

Messages choisis, vol. 2, p. 442-451

Textes essentiels :       Apocalypse 12.17

                                 Apocalypse 14.6-13

                                 2 Thessaloniciens 2. 1-12

                                 Romains 11.5, 6

 
Ce que croient les adventistes du septième jour.

« L’Eglise universelle englobe tous ceux qui croient vraiment au Christ. Mais dans les derniers jours, en un temps d’apostasie généralisée, un « reste » a été suscité pour garder les commandements de Dieu et la foi en Jésus. Ce reste proclame que l’heure du jugement est venue. Cette proclamation est symbolisée par les trois anges d’Apocalypse 14 ; elle coïncide avec l’œuvre du jugement dans le ciel et se traduit par une œuvre de repentance et de réforme sur la terre. Tout croyant est appelé à participer personnellement à ce témoignage de portée mondiale. »
 

Questions d’observation


   1. Quelle place donne la première phrase aux chrétiens non adventistes ?
   2. Quelles sont les deux choses auxquelles le reste est appelé à rendre témoignage ?
   3. A quel endroit sur la terre s’accomplit l’œuvre de repentance et de réforme ?


Textes Bibliques et questions d’observation

 
Apocalypse 12.17

Observations :

   1. Pourquoi le dragon est-il irrité contre la femme ?
   2. Que veut dire « garder » les commandements ?
   3. Comparez 1.6 et 19.10 sur le témoignage de Jésus.

 
Apocalypse 14.6-13

Observations :

   1. En quoi l’annonce de l’heure du jugement peut-elle être l’Evangile éternel ?
   2. Comment comprendre la succession des anges dans le temps ?
   3. Quelle place occupe l’adoration ?

 
2 Thessaloniciens 2. 1-12

Observations :

   1. A quel problème répond cet enseignement ?
   2. Repérez l’importance du verbe « paraître » ou « apparaître ».
   3. Quels sont les instruments de mystification employés ?
   4. Quelle est la condition du salut posée devant cette tentative d’imitation du retour du Christ ?

 
Romains 11.5, 6

Observations :

   1. De quand date la création d’un reste ?
   2. A quelle condition devient-on membre du reste ?

 

Commentaire :


L’ÉGLISE DU RESTE

1. Le motif du reste dans l’Ancien Testament

Le motif du reste a fait l’objet de nombreuses et très sérieuses recherches depuis le début du siècle passé. Pour quiconque s’intéresse au sujet, deux monuments font autorité aujourd’hui en la matière. L’ouvrage de W. E. Müller, Die Vorstellung vom Rest im Alten Testament, Leipzig, 1939. On s’intéressera surtout à la deuxième édition, publiée à Neukirchen en 1973, dans laquelle H. D. Preuss fournit une liste importante des travaux parus depuis 1939, avec une analyse de leur contenu. Le second volume de référence est celui de G. Hasel, The Remnant. The history and theology of the Remnant idea from Genesis to Isaiah, Berrien Springs (Mich), 1980 (1972). En français, nous renvoyons à l’excellente étude de F. Dreyfus, « Reste d’Israël », Supplément au Dictionnaire de la Bible 10 (1981), col. 414-437.

L’examen des différents travaux fait ressortir un manque de consensus entre les auteurs. Cela tient à la complexité du motif. Nous serons donc obligés d’entrer nous-même dans les textes à la suite des chercheurs.

L’idée de reste dans l’Ancien Testament mérite tout particulièrement notre attention, en raison des rapports étroits que l’Apocalypse de Jean entretient avec l’Ancien Testament. Quand Jean parle d’un reste, il ne le fait pas sans recourir à des notions déjà présentes dans l’Ancien Testament. Il nous faudra donc prendre connaissance de ces notions. Notre examen nous portera à distinguer essentiellement trois ensembles : (1) le reste dans le livre de la Genèse, (2) le reste dans le cycle d’Élie et chez Amos et (3) le reste en Ésaïe1.

A.                 Le reste dans le livre de la Genèse

1. Noé et les antédiluviens

En raison de la méchanceté des antédiluviens, Dieu a décidé de les détruire par le déluge (6.11-13). Noé seul réchappera avec les siens (7.23). Noé est choisi pour reconstituer une nouvelle humanité parce qu’il est juste (7.1 ; 6.9). Comme le dit G. Hasel, le terme de juste recouvre un concept de relation et n’est pas à prendre dans un sens éthique ou juridique. « Noé n’a rien à faire valoir auprès de Dieu sur la base de quelque mérite intrinsèque qui lui serait propre, mais il est saddiq parce qu’il entretient une juste relation avec Dieu2. »

2. Lot et Sodome et Gomorrhe

La question qui est posée en Gn 18.17-33 est de savoir si Dieu doit détruire un groupe parce que la majorité est mauvaise ou le préserver parce que la minorité est juste. Comme pour Noé, il ne s’agit pas ici du salut d’Israël, mais de celui de l’humanité, plus spécifiquement d’une nation païenne.

Abraham intercède à la fois pour Sodome et Gomorrhe, dont le péché est dit énorme (18.20), et pour les justes qui pourraient s’y trouver (18.23,24). Dieu se montre prêt à épargner les villes s’il s’y trouve autant de justes qu’il y a de doigts aux mains. De toute évidence, il ne les trouve pas, puisque les villes seront détruites. Quant à Lot et à une partie de sa famille, ils ne seront pas sauvés en raison de leur justice (19.16), celle-ci n’étant mentionnée nulle part. On pourrait penser, cependant, que la grâce de Dieu est étendue à Lot parce qu’il a respecté la règle de l’hospitalité. De facto, selon le récit, c’est bien le cas. Mais le narrateur s’empresse de dire que c’est plutôt en raison de l’intercession d’Abraham (12.29). Un reste est donc sauvé sans que ses mérites soient revendiqués3.
 
3. Jacob et sa famille

Jacob a décidé de rentrer au pays promis, espérant rétablir avec Ésaü des liens sinon de fraternité du moins de convivialité (32.5). Mais Ésaü paraît décidé à en finir avec son frère (32.6) et Jacob se sent menacé d’une extermination totale (32.11). Le partage de sa famille en deux groupes montre son souci qu’un reste puisse échapper à la destruction (32.8).

Jacob luttera toute la nuit avec l’ange de l’Éternel, mais sa victoire prendra forme de reddition. Il ne veut plus sauver sa vie, comme au début du combat, mais entretenir avec Dieu une relation juste (32.24-26). Il reçoit son salut comme une grâce (32.30).

4. Joseph et sa famille

L’histoire de Joseph tourne aussi autour d’une question de survie. La famine règne sur le pays et la mort menace Jacob et les siens (42.2). Les circonstances de l’élévation de Joseph à la cour du pharaon sont interprétées par lui-même comme une grâce de Dieu dont l’objet est de faire subsister la famille de son père (45.7,8). Les réchappés ne comprennent pas ici une partie de la famille, mais sa totalité.

5. Synthèse

De ces quatre récits, nous pouvons relever des éléments communs très importants pour la compréhension de la notion de reste.

a.      Le reste échappe à une menace de destruction totale.

b.      Il apparaît à un tournant de l’histoire de l’humanité ou familiale. Sans ce reste, il n’y aurait pas de suite, pas de nouveau départ possible.

c.      Les éléments de la menace qui pèse sur les groupes concernés sont perçus traditionnellement comme des instruments du jugement de Dieu : l’eau, le feu, l’épée et la famine. Il ne manque que la peste. Ces éléments véhiculent une notion eschatologique. Ils produisent des résultats absolus et irréversibles. Sans le reste, c’est la fin d’une histoire4.

d.      Le reste est en bénédiction pour l’entité menacée. Noé va construire une arche. Lot va témoigner en faveur de l’hospitalité. Jacob portera un nom nouveau et Joseph travaillera à la conversion de ses frères. Le reste n’est donc pas seulement sauvé, il est encore témoin de valeurs morales.

e.      Le reste survit par la grâce de Dieu. Aucun n’a de mérites à faire valoir. Tout ce qui lui est demandé, c’est une juste relation avec Dieu, de foi et de confiance.

f.        La foi en Dieu conduit à l’obéissance. Noé construit une arche, Lot abandonne ses biens, Jacob renonce à son passé de magouilleur, Joseph est fidèle en Égypte.

g.      Les quatre épisodes s’inscrivent dans le cadre de l’histoire du salut. La promesse faite à Adam et Ève ne peut se réaliser sans le salut en Noé de leur descendance5. Abraham joue en faveur de l’humanité pécheresse un rôle d’intercesseur. Le récit de Jacob est à lire avec l’histoire du peuple d’Israël pour arrière-fond. Il est rapporté dans la Genèse pour faire comprendre au lecteur sur quel fond thématique repose l’identité du peuple d’Israël. Quant à Joseph, il témoigne de la grâce de Dieu pour la constitution d’un peuple dont le salut, hors d’Égypte, sera le point d’ancrage de toute la foi d’Israël.

h.      La notion de reste-réchappé dans le récit de la Genèse atteste bien la volonté de Dieu de sauver ce qui peut l’être en vertu de sa grâce et de ses promesses. Mais nous sommes loin encore de l’idée du reste d’Israël qui verra le jour avec les prophètes.

B.            Élie et Amos

1. Le cycle d’Élie

Le récit mettant en scène le prophète Élie nous intéresse tout particulièrement. En effet, l’Apocalypse de Jean est tout imprégnée de réminiscences des livres des Rois et de l’expérience d’Élie6. Le reste n’est plus celui qui échappe à une catastrophe naturelle, mais celui qui résiste à une apostasie. Il constitue le reste-fidèle qui subsiste au travers de l’épreuve.

Par le mariage d’Achab avec Jézabel, le royaume du Nord ne s’est pas seulement procuré des avantages économiques et politiques, il a aussi fait du culte de Baal la religion officielle. Les outrances de Jézabel iront jusqu’à persécuter les fidèles de Yahweh et à mettre à mort les prophètes (1 R 18.4). Elle déracinera les deux piliers de la foi d’Israël : les autels et la prophétie (1 R 19.14). Face à de telles outrance, Élie a la conviction d’être le seul à subsister (1 R 18.22).

Cependant, Dieu rassure le prophète. Ses jugements vont fondre sur Israël et sur la famille d’Achab, mais un reste de sept mille hommes subsistera (1 R 19.18). « Ici, écrit G. Hasel, dans la scène du mont Horeb, nous avons pour la première fois un reste annoncé comme entité future […] Yahweh “laissera” subsister un reste7. »

Le Seigneur va confier à Élie trois missions : oindre Hazaël roi de Syrie, Jéhu roi d’Israël et Élisée prophète (1 R 19.16). Plusieurs théologiens8 ont rattaché ces trois onctions aux divers aspects de la théophanie précédente : le vent, c’est Hazaël ; le tremblement de terre, c’est Jéhu ; le feu, c’est Élisée. Quant à la brise légère, au silence subtil (Chouraqui), il correspond au reste. Dieu n’est pas dans les châtiments qu’il inflige, mais dans son projet d’amour exprimé dans la constitution d’un reste.

Le reste est bien l’objet de toute l’attention de Dieu, et son projet final. Effet de sa grâce, il témoigne de la pérennité de son alliance, malgré l’apostasie générale.

Remarquons que la fidélité du reste est décrite en termes cultuels et non moraux. Cette description est en accord avec les thèmes d’Ap 13 où il est question d’un culte à l’adresse de la bête et de son image.

2. Amos

Avec Amos, changement de tonalité et d’atmosphère. Le royaume du Nord est arrivé au comble de son péché. Sa pratique religieuse est superficielle et l’injustice sociale est devenue son mode de vie (2.6-8). Néanmoins, le peuple, malgré les épreuves que lui procure son infidélité, se sent en sécurité en raison de son élection (3.2). Le jour où Dieu interviendra sur le monde, ce sera pour juger les autres nations et sauver Israël (5.20). La nation tout entière constituera le reste élu des nations.

Dans un tel contexte, le prophète Amos arrive comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, comme un destructeur d’illusions. Son discours sur le reste est des plus négatifs.

Le reste ne sera constitué que de deux jambes ou d’un bout d’oreille arrachés à la gueule d’un lion (3.12). Autrement dit, tout le troupeau va périr et ce qui en restera ne permettra même pas d’en reconstituer un nouveau. Il sera moins que rien.

Les femmes riches de Samarie seront déportées comme des vaches. Les anneaux de nez dont elles se parent serviront à ancrer les crochets qui les conduiront en exil. Et les rescapés seront pêchés un à un comme des poissons à l’hameçon (4.1,2).

Inutile alors de se vanter d’être protégé par l’Éternel, d’être élu par lui. Car le nom de l’Éternel dont il se réclame sera la terreur de celui qui survivra au siège de Samarie et aux épidémies qui l’accompagneront. Quand on viendra chez lui pour enterrer les morts, il n’osera pas mentionner le nom de Yahweh, de peur d’être remarqué par lui et détruit. Il doit se taire. Il est comme mort et on ne peut faire reposer sur lui aucun espoir pour l’avenir (6.8-10).

Enfin, de manière radicale, le prophète annonce que personne ne doit espérer faire partie du reste, car Dieu ira à la recherche des rescapés pour les faire périr (9.1-4,10). Israël lui-même n’est qu’un tison arraché de l’incendie (4.10-12). Que peut-on espérer voir subsister si le tison est lui-même jeté dans la fournaise ?

Amos est convaincu que la fin de l’existence nationale d’Israël a sonné. Il n’y a pas d’espoir cette fois qu’une société civile puisse se reconstituer après la catastrophe. Le peu qui pourra subsister – il y en a toujours – sera insuffisant pour établir une force militaire (5.1-3). Le prophète va donner à ce reste une connotation eschatologique. Peut-être en raison de la sévérité du jugement de Dieu. Le reste n’est pas une entité qui est déjà présente dans la nation, mais il est formé de ceux que Dieu ramènera de la captivité (9.14).

Mais Amos, prophète de malheur, ne serait pas un prophète du Dieu sauveur s’il ne laissait place, au milieu de ces menaces absolues, à une voie de salut.

Un message d’espérance est au cœur du livre (5.4-7). Cherchez l’Éternel et vous vivrez ! dit Amos. C’est le seul espoir pour qu’un reste survive à la catastrophe. Chercher l’Éternel signifie, pour le prophète, haïr le mal et aimer le bien. Seuls ceux qui retournent à Dieu et pratiquent la justice peuvent espérer être sauvés. Espérer seulement, car Amos dit peut-être (5.15).

« La réalisation de la promesse du reste, dit G. Hasel, n’est ni automatique ni humainement contrôlable au travers de l’accomplissement de la condition posée du retour à Dieu. Un droit au salut ne peut être acquis. Tout dépend de la libre grâce de Dieu9. »

Pour que cette grâce puisse être attendue, il n’y a pas d’autre voie que de revenir à l’Éternel. Ce retour n’a pas un contenu cultuel (5.21-23,25), mais profondément moral (5.14,15,24). Pour Amos, « il n’y aura pas de reste sans la grâce de Dieu, pas plus qu’il n’y aura de reste sans le retour de l’homme à Dieu10 ».

Cette compréhension du reste fidèle par le prophète, dans un contexte aussi radical et absolu que le jour de Yahweh (5.18), peut avoir influencé la notion de reste développée par Jean, dans la mesure où ceux qui refusent l’adoration de la bête et sont persécutés par le dragon gardent les commandements de Dieu (Ap 12.17 ; 14.12). Tout comme chez Amos, le reste de Jean présente un caractère eschatologique. Il est le reste de la postérité qui subsiste à la fin des temps.

Les prophéties de Sophonie, de Jérémie et d’Ézéchiel ne nous arrêteront pas, dans la mesure où elles s’inscrivent dans la même perspective que celles d’Amos. Ésaïe, par contre, en raison de sa particularité et de son importance pour l’eschatologie juive postérieure, mérite toute notre attention.

C.          Ésaïe

Dès le début de son ministère, Ésaïe est concerné par la survie de la nation. Tout d’abord, en raison de la crise syro-éphraïmite (7.1,2), ensuite à cause de la menace assyrienne (7.17-25). Un échéance importante grève l’avenir.

Le seul moyen d’échapper à la menace, c’est de s’appuyer sur l’Éternel. Les réchappés seront ceux qui auront mis toute leur confiance en Dieu (10.20-23 ; 28.5,6) ? C’est le zèle de Yahweh pour son peuple qui produira un reste (37.30-32). Ésaïe emploie à ce propos des images éclairantes. Quand on abat un arbre, la souche subsiste (6.13) ; elle fera des racines en dessous et des fruits au-dessus (37.31). Après la moisson, il reste des épis à glaner (17.5). Après que l’olivier a été secoué, quelques rares olives restent sur l’arbre (5.5).

Mais il ne faut pas faire de la promesse de Dieu un oreiller. Pour Ésaïe comme pour Amos, le reste sera extrêmement petit, moins du dixième (6.13). La vision de la sainteté de Dieu, lors de sa vocation, a fasciné le prophète (6.1-7). Le reste ne pourra être qu’un reste saint (6.13), après que Dieu aura purifié son peuple (1.24-26). Cette notion de sainteté est au centre de la théologie d’Ésaïe.

Le reste saint est une entité eschatologique, car il doit surgir dans l’avenir, à la suite de l’intervention de Dieu. G. Hasel souligne que « ce reste eschatologique ne sera ni une entité supra-historique, ni un reste avec une vie éternelle, ni un reste dans la Jérusalem céleste. Ce sera une entité eschatologique sur la base de son émergence à la suite de l’intervention de Dieu dans l’histoire11. » C’est donc sur une action future de Dieu que se fonde l’apparition d’un reste, son action finale sur le monde. Avec le reste, Dieu ouvre une ère nouvelle (2.1-4).

Ésaïe va donner un caractère concret à son enseignement sur le reste, en nommant son fils Shear-Yashub, « un reste reviendra, un reste subsistera » (7.2-9). Ce nom a un double sens. Pris négativement, il veut dire que seul un reste subsistera. C’est un avertissement, un appel à la sanctification et à un retour à Dieu. Pris positivement, c’est une promesse. Quiconque se confie en Dieu peut se saisir de la promesse.

Ésaïe se considère avec ses enfants comme des signes et des présages en Israël (8.18). Signes que ceux qui consultent les morts ne connaîtront qu’insécurité et angoisse, mais que ceux qui s’appuient sur la loi et le témoignage de l’Éternel verront le salut resplendir (8.23 à 9.6). La famille d’Ésaïe ne constitue pas elle-même le reste ; elle n’est que le signe qu’un reste est possible.

Cette notion d’un reste saint qui doit surgir dans l’avenir deviendra capitale pour la foi future d’Israël. Elle servira à forger l’espérance messianique. On en saisit déjà toute la force et le mystère dans le thème du serviteur de l’Éternel qu’Ésaïe développe dès le chapitre 49 de son livre.

2. L’Église adventiste : Église du reste ?

L’Eglise adventiste n’a pas toujours eu la même notion du reste. Après l’expérience de 1844, du point de vue historique, le mot « reste » a servi à désigner ceux qui avaient persévéré après la déception. En 1849, Joseph Bates sera le premier à identifier les observateurs du sabbat avec le reste d’Apocalypse 12. Il a développé une notion éthique : le reste est le groupe fidèle aux commandements de Dieu. Vers 1855 puis 1858, est apparue une notion prophétique : le reste est celui qui a l’esprit de prophétie en la personne d’Ellen White. De 1893 à 1950 environ, des conflits internes à l’Eglise on conduit à désigner le reste négativement : il n’est pas Babylone, mais positivement, le peuple de Dieu. C’est là une notion ecclésiastique.  En 1957, dans un ouvrage intitulé Sevent-day Adventists Answer Questions on Doctrine, est développée une notion sotériologique (le reste racheté, instrument de Dieu), et une notion missiologique (la proclamation du dernier message). Enfin, l’énoncé actuel de la croyance fondamentale développe une notion eschatologique (le reste à la fin des temps).

Ces notions ont plus ou moins existé ensemble très tôt dans l’histoire de notre Église, mais les accents ont été déplacés, sans pour autant s’exclure l’un l’autre.

Aujourd’hui, l’Église est passée d’une définition ecclésiastique à une définition théologique de son identité. En 1932, on demandait au candidat au baptême : « Croyez-vous dans le don de prophétie qui a été manifesté dans l’Église du reste au travers du ministère d’Ellen White ? » Aujourd’hui, le candidat se voit poser la question suivante : « Acceptez-vous la doctrine des dons spirituels, et croyez-vous que l’esprit de prophétie est un signe distinctif de l’Église du reste ? » En 1950, le candidat au baptême confessait que l’Église adventiste est l’Église du reste. Depuis 1970, il confesse qu’elle est l’Église du reste de la prophétie biblique.

L’évolution de la formule est révélatrice. Le néophyte ne témoigne pas d’abord de sa foi dans l’Église adventiste, mais dans l’enseignement biblique sur l’Église du reste. Il lui faut encore faire personnellement le lien entre la définition biblique et l’Église adventiste. De plus, l’Église est perçue dans une perspective prophétique, qui relève de la foi, et non dans une perspective sociologique, qui relève de la vue.

La question se pose donc toujours à nouveau de la légitimité, pour l’Église adventiste, d’une déclaration comme celle de Perth, en 1991, qui confesse l’Église adventiste du septième jour comme « un mouvement prophétique […], le reste appelé par Dieu à porter un message unique aux dernières générations de la terre, à annoncer le retour imminent du Christ avec puissance et en gloire12 ».

La réponse à cette question sera d’abord herméneutique. Tout dépendra en effet de l’interprétation que nous faisons de l’Apocalypse.

L’identification des caractéristiques de la littérature apocalyptique a déjà fait l’objet de nombreuses études13. Certains, comme P. Prigent ou R. H. Charles, ne veulent voir dans le livre prophétique qu’une œuvre d’édification, d’encouragement, pour le présent de l’auteur et de l’Église. Mais aller dans ce sens, c’est refuser à l’Apocalypse de Jean son identité même d’Apocalypse. Car le genre apocalyptique, auquel l’Apocalypse de Jean a donné son nom, à la différence de la prophétie en général, ne considère pas l’histoire du point de vue de l’homme, mais du point de vue de Dieu14. « Au cri des prophètes : “Combien de temps, Seigneur, combien de temps ?” les apocalypticiens donne l’année, le jour et l’heure. […] En d’autres termes, la prophétie est comprise non plus comme une promesse qui ouvre un avenir, mais comme une prédiction d’événements qui doivent se réaliser. Du même coup, l’interprétation apocalyptique se comprend et se réalise elle-même comme calcul et prévision15. »

Le reste se reconnaît toujours à un moment de crise, et plus particulièrement à un moment ultime de l’histoire. Dans l’Apocalypse de Jean, il forme, nous l’avons vu, un groupe à la veille du jugement dernier, qui fait sien le message de l’ange annonçant que l’heure du jugement est venue.

Si donc l’on maintient à l’Apocalypse sa spécificité littéraire et que l’on reconnaît aux temps actuels un caractère eschatologique, il ne fait aucun doute que le reste doit exister aujourd’hui.

Le reste eschatologique se définit par certains caractères que nous avons relevés. Les théologiens adventistes eux-mêmes ont reconnu qu’il était difficile de s’attribuer ces caractères sans être taxé de propre juste. Mais nous avons vu, dans notre étude biblique du thème, que le reste subsiste par grâce. Il est le reste par une décision de Dieu qui le rend tel. Autrement dit, le reste ne se reconnaît pas à ses qualités intrinsèques, mais à son adhésion au projet divin.

Cela signifie que :

1.                    Dans la mesure où l’Apocalypse prévoit pour la fin de l’histoire l’existence d’un reste juste attaché aux commandements de Dieu, à la foi de Jésus et animé de l’Esprit de prophétie, l’Église adventiste peut affirmer vouloir constituer ce reste. Elle répond ainsi à la vocation divine qui a pour objet de constituer un peuple fidèle, témoin du projet rédempteur de Dieu.

2.                    Dans la mesure où l’Église adventiste adopte pour elle-même les dispositions attendues de la part du reste eschatologique, elle peut affirmer, dans un acte de foi, vouloir constituer l’Église du reste et s’identifier au projet de Dieu contenu dans les trois messages d’Ap. 14.

3.                    Cette affirmation, sur une base théologique, n’est pas exclusive, pas plus qu’elle ne l’était pour l’apôtre Paul. Elle constitue, au contraire, un appel, adressé à toutes les Églises, à entrer dans le projet divin qui est de constituer un reste à la fin des temps.

4.                    Le reste biblique ne se confond pas avec la structure ecclésiastique, celle-ci existant pour promouvoir la mission. Un avenir reste ouvert dans lequel l’Église adventiste peut constituer un élément plus ou moins important de l’Église du reste, qui doit sortir victorieuse de la dernière épreuve.

5.                    L’inadéquation entre la réalité humaine et la vision idéale de l’Apocalypse n’est comblée que par la grâce qui surabonde là où le péché abonde. Il en découle que, pour l’Église adventiste, la prétention à être l’Église du reste de la prophétie biblique constitue pour elle un défi plus qu’un constat, un appel plus qu’un bilan, une épreuve pour sa foi plus que la somme de ses œuvres. On ne peut être Église du reste qu’en recevant humblement cette grâce de Dieu et en adhérant de plein cœur au projet divin.

Questions débattues


« Reste » ouvert ou « reste » fermé[1] » ?
 
Introduction

La notion de « reste » offre des contenus des plus divers. Dans une précédente étude, j’ai eu l’occasion de montrer combien elle a pu évoluer tant au cours de l’histoire biblique que de l’histoire de l’Eglise adventiste.[2] Le « reste » est constitué d’un groupe de personnes qui échappent tantôt à une catastrophe naturelle (Noé), tantôt à une tragédie religieuse (Elie) ou spirituelle et morale (Amos). Il se résume pour les Evangiles à la personne du Christ, et pour Paul il est l’expression de la grâce de Dieu. Pour les adventistes, il rassemble les rescapés de la déception de 1844, puis successivement, est reconnu à ce qu’il observe le sabbat, dispose de la manifestation de l’Esprit de prophétie, et remplit une mission particulière qui consiste à annoncer le retour du Christ. Selon les circonstances un accent est mis sur un point d’actualité.

La question que nous voulons poser dans cette étude est la suivante : le reste eschatologique, celui qui doit subsister à la fin des temps, est-il formé d’une élite triée sur le volet et fermée à toute influence extérieure, reconnaissable à son obéissance aux commandements de Dieu, ou est-il formé de graciés dispersés dans le monde pour y témoigner de l’amour de Dieu ? S’agit-il d’un reste fermé ou d’un reste ouvert ?

Certes la réponse ne sera pas aussi simple que la question. Mais cette dernière n’est pas innocente. La réponse, en effet, commande un certain type de comportement, un certain regard sur soi et sur les autres.

Pour notre analyse nous procéderons de la manière suivante : nous examinerons tout d’abord la conception qui était la plus courante à l’époque de Jésus. Quel concept avait court dans les milieux convaincus d’être parvenus à la fin des temps ? Il s’agit de la secte de Qumran et des milieux pharisiens.

Nous nous interrogerons ensuite sur le concept développé par Jésus tel qu’il apparaît dans les Evangiles, et par Paul son fidèle disciple. Enfin, au regard des résultats obtenus, nous nous arrêterons sur le texte de l’Apocalypse de Jean.

   1. Le « reste » à Qumran.

Les Esséniens de la communauté de Qumran formaient une communauté préoccupée par les événements eschatologiques et convaincue de constituer pour « la fin des temps » un reste porteur des vérités ultimes accordées par Dieu à son peuple. Ils avaient conscience de former un « reste » privilégié chargé d’annoncer la « vérité ».[3]

Ce « reste » prétendait se distinguer par sa pureté, sa sainteté au milieu d’une génération pervertie, et d’un peuple juif faussement religieux, infidèle à sa vocation première.[4] Il se voyait véritablement mis à part pour dénoncer les errements de la synagogue officielle gouvernée par le grand prêtre.[5] Il avait un goût prononcé pour la prophétie et annonçait la venue d’un Messie et la fin de ce monde mauvais avec l’établissement d’un culte nouveau.

Reconnaissables à leur fidélité aux commandements de Dieu, ils respectaient en particulier les saints sabbats, et les ordonnances de vérité qui procurent longévité et bonheur. Les grandes vérités oubliées par Israël leur avaient été révélées de manière spéciale pour qu’ils en vivent et en témoignent.[6] A l’inverse des autres croyants, infidèles et maudits à cause de leur religion impure et souillée, ils étaient, eux, les témoins glorieux de la grâce de Dieu.[7]  S’inscrivant dans une perspective eschatologique, ils prescrivaient une séparation totale d’avec les « impies » allant même jusqu’au plan économique et matériel.[8]

Nous avons dans cette communauté un exemple typique d’une secte fermée, hantée par la préservation de son identité, isolée du « monde » et soucieuse de se purifier pour être digne de recevoir le (ou les) Messie(s) à venir.

   2. Les pharisiens

Comme le relève A. Tricot, tout en admettant que le nom de « pharisien » ait pu avoir été donné comme un sobriquet par des adversaire, ce nom, « à lui seul, marque une prise de position, car il signifie séparés ou séparatistes »[9]. Les pharisiens s’inscrivent dans un mouvement piétiste qui s’est constitué à l’époque où les Juifs étaient privés de temple. Originaires de tous les milieux sociaux, ils se caractérisaient par une méditation assidue de la Torah et une piété pratique qui recueillait les faveurs des couches moyennes de la société. Ils ont élaboré une forte tradition orale en vue de l’observation méticuleuse des commandements. Leur observation de la loi les a conduit à des extrêmes que les Evangiles ont rendu proverbiales. Il n’empêche que leur poursuite du bien moral et leur piété constitueront le ferment de la religion juive. Jésus lui-même leur rendra hommage quand il dira à leur sujet : « Les scribes et les pharisiens se sont assis dans la chaire de Moïse. Faites et observez donc tout ce qu’ils vous disent »[10]. Certes, il poursuit en fustigeant leur orgueil et leur manque d’amour, mais ils n’étaient ni tous mauvais,[11] ni mauvais en tout.

Les Evangiles nous les présentent comme très attachés à une pureté rituelle marquée par de nombreuses ablutions. Lorsqu’ils interpellent Jésus en raison du non respect de ces pratiques par ses disciples, l’évangéliste Marc fait le commentaire suivant : « Or, les pharisiens et tous les Juifs ne mangent pas sans s'être lavé soigneusement les mains, conformément à la tradition des anciens; et, quand ils reviennent de la place publique, ils ne mangent qu'après s'être purifiés. Ils ont encore beaucoup d'autres observances traditionnelles, comme le lavage des coupes, des cruches et des vases d'airain. »[12]

Cet esprit puritain les conduisait à éviter tout contact avec des personnes susceptibles d’être en état d’impureté. C’est pourquoi ils s’offusquaient de voir Jésus manger avec des péagers et des pécheurs.[13] Ils n’entraient pas dans une maison de païens,[14] encore moins chez un tanneur parce qu’il traitait des peaux de cadavre d’animaux. L’apôtre Pierre avait su dépasser cette interdiction au nom probablement de l’évangile.[15] Certes, les pharisiens savaient combien Dieu est miséricordieux et disposé à pardonner.[16] Mais le pardon est réservé aux justes. Il est pour ceux qui ont véritablement fait preuve de pénitence, qui ont réparé leurs fautes. Pour que le pardon atteigne l’homme, il faut au préalable qu’il soit devenu juste.

Les pharisiens étaient préoccupés par le relâchement des mœurs provoqué par la présence romaine et la diffusion de la pensée hellénistique. Ils voulaient préserver le judaïsme dans sa pureté et enrayer le laisser-aller qu’entraînait la dureté de la vie. Leurs pratiques étaient teintées d’un fort réflexe identitaire. Farouches nationalistes,[17] ils étaient brouillés avec les sadducéens qui flirtaient avec le pouvoir en place. Ils croyaient dans la résurrection des morts et attendaient le royaume de Dieu. D’où leur intérêt pour le message de Jean-Baptiste.[18]

La secte vivait sur un mode très fermé. Comme le note Bernard Jay, « les pharisiens étaient organisés en communautés nommées les « habûrôth ». Chaque « habûrah » avait un caractère fermé très prononcé, à mi-chemin entre la secte religieuse et la cellule très secrète. »[19] De plus, ils entretenaient un véritable mépris pour les pécheurs, considérés comme tels en raison de leur ignorance de la loi.[20] Si deux écoles s’affrontaient, celle de Shammaï, originaire de Jérusalem, considérée comme stricte, et celle de Hillel, originaire de Babylone, considérée comme plus humaine, toutes deux veillaient à la préservation de la tradition.

Les pharisiens et les esséniens de Qumran étaient donc très proches les uns des autres dans leur rapport au monde, au peuple juif et aux étrangers. Vivant dans l’attente du Royaume de Dieu, ils veillaient à préserver une élite libre de toute faute et capable d’accueillir le Messie.

La secte des Esséniens et celle des pharisiens ont disparu de la scène de l’histoire. La branche chrétienne du judaïsme a subsisté. Une des raisons pourrait bien être son esprit d’ouverture.

   3. Jésus

La démarche de Jésus est aussi révolutionnaire et explosive que pourrait être celle d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Il brise tous les tabous, renverse tous les préjugés, et ouvre largement les vitrines aux mendiants. Jésus, en effet, non seulement ne respecte pas les règles de pureté rituelles, mais touche malades, lépreux, hommes et femmes, sans distinction, et entre sous tous les toits qui veulent bien l’accueillir. Pire encore, il mange avec les prostituées. Le choc sera frontal et son élimination incontournable.

La parabole du pharisien et du publicain donne le ton :

« Il dit encore cette parabole, en vue de certaines personnes se persuadant qu'elles étaient justes, et ne faisant aucun cas des autres: Deux hommes montèrent au temple pour prier; l'un était pharisien, et l'autre publicain. Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même: O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus. Le publicain, se tenant à distance, n'osait même pas lever les yeux au ciel; mais il se frappait la poitrine, en disant: O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l'autre. Car quiconque s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé. »[21]

Le pharisien se présente comme « persuadé de sa propre justice et ne faisant aucun cas des autres. » Il cherche à s’élever lui-même et prépare ainsi sa propre chute. Ce que le pharisien énumère n’est pas insignifiant. Par les trois premières mentions il fait référence à sa fidélité au décalogue : Ni vol, ni mensonge, ni adultère. Par les deux dernières il fait état de sa fidélité à toutes les lois mosaïques : il jeûne conformément aux exigences légales, il prélève scrupuleusement la dîme sur tous ses revenus. « Où donc est le mensonge par lequel il usurpe une place qui ne lui revient pas et dont il doit être renversé ? » demande Helmut Gollwitzer. Et de répondre : « Celui-ci se cache précisément dans ce regard de côté, jeté au cours de la prière, sur « le reste des hommes » et « ce publicain ». Ce faisant, il se sépare des autres et de la méchanceté du monde – et c’est alors justement que sa prière ne se distingue plus de la leur ».[22] Le pharisien parle de lui-même, le publicain parle à Dieu. Or le pharisien est lui aussi un pécheur aux yeux de Dieu, et il ne « mérite » rien de plus que le publicain.

Le juste ne se reconnaît pas dans sa différence d’avec les autres, mais dans son rapport avec Dieu. Il est et demeure un pécheur que la grâce seule de Dieu peut sauver. C’est ce qu’à compris le publicain qui « se tient à distance » et occupe par là sa juste place devant Dieu. « Ainsi sa prière porte beaucoup plus haut, bien que partant de beaucoup plus bas. »[23] Au travers des paroles du psaume 51 le publicain s’est mis, comme David, dans la condition du coupable et, comme lui, a obtenu miséricorde.

On le voit, l’appréciation divine ne se reconnaît pas à une appartenance à un groupe particulier, à une obéissance rigoureuse, aussi louable qu’elle soit, à une pratique religieuse plus que recommandable, mais à une disponibilité de l’âme à reconnaître son besoin et à tendre sa main de mendiant vers le Dieu de toutes grâces. Elle conduit à regarder les autres « comme étant au-dessus de soi-même ».[24]

L’histoire de Zachée en témoigne.[25] Il est péager, c’est-à-dire qu’il pressure ses concitoyens pour récupérer l’avance sur impôts qu’il a faite aux occupants romains. Plus, il est « chef » des trafiquants en taxes. Non seulement il fait partie de cette foule maudite par les pharisiens, mais il en est exclu par elle. Il est donc le pire des pires. Cependant, il a entendu parler de la miséricorde de Jésus envers les personnes de son acabit, et ne fait aucun cas de sa dignité ou du ridicule auquel sa position sur l’arbre le place. Il est tout simplement assoiffé. Et la grâce s’élève jusqu’à lui.

Jésus lui dit : « Il faut que je demeure aujourd’hui chez toi ». Ce « il faut » rattache le choix de Jésus à sa passion. De même qu’ « il faut » que le Fils de l’homme soit livré,[26] « il faut » qu’il entre dans la maison de Zachée. L’accueil par le Christ est associé au sens de sa mission. Le salut est entré dans la maison de Zachée et par elle dans la ville tout entière. Mais, ô stupeur, si la grâce modifie le comportement de Zachée, celui-ci reste collecteur d’impôts. Jésus ne lui demande pas de changer de profession. Zachée en changera seulement le mode d’exercice. Dorénavant, il portera un autre regard sur ses compatriotes. La grâce atteint l’homme où il se trouve. Elle n’est conditionnée ni par un lieu ni par une appartenance. Ou, si l’on y tient quand même, elle est pour les pécheurs et non pour les justes.

Le comble pour les « purs » de l’époque, c’est que Jésus ne se contente pas d’entrer dans les maisons des publicains et des prostituées, mais il ajoute au scandale en mangeant avec eux. On ne mesure pas aujourd’hui la portée d’un tel acte. Peut-être que l’expérience de la Cène en donne une image. Joachim Jérémias l’expose en ces termes :

« Pour mesurer la portée du geste de Jésus mangeant avec les « pécheurs », il faut se rappeler qu’en Orient accueillir quelqu’un à sa table est jusqu’à nos jours une marque d’honneur qui représente une garantie de paix, de confiance, de fraternité et de pardon ; en un mot la communauté de table est une communauté de vie. […] Dans le judaïsme surtout, la communauté de table signifie la communauté sous le regard de Dieu ; cette communauté est en effet établie par le fait que tout participant au repas, en mangeant une portion de pain rompu, a part à la bénédiction prononcée par le maître de maison sur le pain avant le partage. Ainsi les repas pris par Jésus en compagnie des publicains et des pécheurs ne constituent pas seulement des événements sur le plan social, n’expriment pas seulement son humanité sans pareille, ainsi que sa largeur d’idées et sa compréhension à l’égard des victimes du mépris ; le sens de son geste est encore plus profond : c’est l’expression de la mission et du message de Jésus. »[27]

Le partage du repas avec Jésus est une entrée dans une véritable alliance de salut. Le repas d’alliance n’est plus scellé par des sacrifices d’animaux, il l’est par son sacrifice suprême. Jésus pourra formuler le sens de son action en ces termes : « Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »[28]

Ainsi donc, à la différence des croyants de son époque, Jésus se montre particulièrement ouvert aux exclus des sphères religieuses les plus orthodoxes. Il offre sa présence et sa parole de salut à quiconque veut les recevoir. Son attitude a fait scandale car il n’était naturel que de partager avec ses semblables. « A qui comparerai-je cette génération? Elle ressemble à des enfants assis dans des places publiques, et qui, s'adressant à d'autres enfants, disent: Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé; nous avons chanté des complaintes, et vous ne vous êtes pas lamentés. Car Jean est venu, ne mangeant ni ne buvant, et ils disent: Il a un démon. Le Fils de l'homme est venu, mangeant et buvant, et ils disent: C'est un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie. Mais la sagesse a été justifiée par ses œuvres. »[29]

   4. L’apôtre Paul

L’apôtre Paul a été formé à l’école de Gamaliel, lui-même disciple de Hillel le babylonien. Il a donc suivit la tradition la plus ouverte des pharisiens. Son opposition au Christianisme ne tient pas à un quelconque abandon de la loi par le ce dernier. Le concile de Jérusalem en témoigne puisqu’à cette époque encore, Paul devra se battre contre le légalisme de ses compatriotes Jérusalémites. Son zèle destructeur tient à son nationalisme ardent quelque peu mis à mal par le discours d’Etienne. On notera, en effet, que la persécution à laquelle il a participé portait sur les Juifs hellénistiques devenus chrétiens et qui, comme Etienne remettaient en cause les traits essentiels de l’identité juive. Les apôtres encore attachés à la tradition et convaincus que l’adoption du Christ comme Sauveur impliquait une adhésion au Judaïsme n’ont pas été inquiétés.[30]

Le discours d’Etienne développe trois thèmes. 1. Les hommes de Dieu n’ont pas de patrie. Le salut n’est pas lié à la possession d’une terre. Abraham a rencontré Dieu en Mésopotamie. Joseph a trouvé la gloire en Egypte. C’est dans ce pays que le peuple s’est multiplié (a été béni !). Le don de la loi a été fait au Sinaï et Moïse, le bien-aimé de Dieu a été interdit d’entrée en Palestine. 2. Dieu ne se limite pas à un espace particulier. Le temple de Jérusalem n’est pas le nombril du monde. Dieu ne se monopolise pas dans un temple car il n’habite pas dans des demeures faites de main d’homme. 3. L’alliance avec Israël est rompue. Le peuple a rejeté Moïse, (v. 35), la loi (v. 39), le prophète (v. 51) et le Messie (v. 52). En rejetant Jésus le Juste, Israël a rejeté son Dieu.[31] Le refus par Etienne d’une identité exclusive sur laquelle Israël fondait sa conscience d’être était inadmissible pour les Juifs, y compris pour Saul de Tarse.

La vision du Christ sur le chemin de Damas va faire éclater l’approche restrictive de Paul. Désormais tous ont accès au salut. « Il n'y a aucune différence, en effet, entre le Juif et le Grec, puisqu'ils ont tous un même Seigneur, qui est riche pour tous ceux qui l'invoquent. Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. »[32] Au regard du salut : « Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. »[33] Par cela il ne faut pas comprendre que toutes les identités particulières doivent disparaître, mais qu’au contraire elles ne constituent pas un obstacle au salut.

Paul ira jusqu’à intégrer les cultures afin d’aborder les hommes sur leur propre terrain. « Car, bien que je sois libre à l'égard de tous, je me suis rendu le serviteur de tous, afin de gagner le plus grand nombre. Avec les Juifs, j'ai été comme Juif, afin de gagner les Juifs; avec ceux qui sont sous la loi, comme sous la loi (quoique je ne sois pas moi-même sous la loi), afin de gagner ceux qui sont sous la loi; avec ceux qui sont sans loi, comme sans loi (quoique je ne sois point sans la loi de Dieu, étant sous la loi de Christ), afin de gagner ceux qui sont sans loi. J'ai été faible avec les faibles, afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver de toute manière quelques-uns. Je fais tout à cause de l'Évangile, afin d'y avoir part. »[34] Ainsi, Paul s’est fait « tout à tous », sans jamais rien abdiquer.

Certes, pour l’apôtre, le peuple de Dieu constitue une élite. En cela il s’accorde avec les esséniens et les pharisiens. Mais cette élite n’est pas constituée de ceux qui adhèrent au judaïsme, mais de ceux qui accueillent le salut par la foi (les Juifs selon la grâce) par contraste avec ceux qui se reposent sur leurs œuvres ( les Juifs selon la chair).[35] Il distingue ceux qui intègrent dans leur vie le salut accordé à la différence de ceux qui se contentent d’un pur formalisme. Le baptême et la communion ne sont pas des sacrements opérants indépendamment de la foi vivante du disciple,  l’histoire d’Israël en témoigne.[36] Le Christ a arraché les croyants à « ce présent siècle mauvais, »[37]y compris à l’orgueil de la vertu.

Conclusion

Les quatre zélateurs d’un peuple nouveau que nous avons considérés se divisent nettement en deux groupes.

Les deux premiers, Esséniens et Pharisiens envisagent  la création d’un « reste » fermé, constitué d’une élite à l’identité précise et au caractère exclusif. L’un et l’autre cultivent le mépris à l’égard de quiconque n’est pas des leurs et développent un enseignement ésotérique accessible aux seuls membres de leur secte.

Les deux seconds, Jésus et Paul bousculent traditions et préjugés et s’ouvrent à toutes les catégories sociales, ethniques et politiques. Non pas seulement en ce qu’ils accueillent quiconque croit, mais en ce qu’ils leur laissent le libre choix de leur appartenance sociale, professionnelle, culturelle, etc. Comme dit l’apôtre à propos de Jésus son modèle : «  il est notre paix, lui qui des deux n'en a fait qu'un, et qui a renversé le mur de séparation, l'inimitié, […]  Il est venu annoncer la paix à vous qui étiez loin, et la paix à ceux qui étaient près; car par lui nous avons les uns et les autres accès auprès du Père, dans un même Esprit. Ainsi donc, vous n'êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors; mais vous êtes concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu. »[38]

Les deux premiers comme les deux seconds se situent dans un contexte eschatologique et messianique. Tous travaillent à la constitution d’une élite morale, d’un peuple saint. Cette construction se fait autour d’une vérité révélée dont les deux premiers font usage pour dénoncer les autres et les enfermer dans la disgrâce de Dieu. Les deux second, au contraire, s’efforcent de partager la vérité comme une grâce essentielle. Pour eux, rien d’autre ne qualifie pour la recevoir que la condition désespérée de l’homme qui a besoin d’un Sauveur.

L’Eglise primitive a été partagée sur ce débat. Au concile de Jérusalem, elle a failli se transformer en une secte juive en voulant obliger les païens à adopter une tradition qui s’avérait être une culture. Mais la résistance de l’apôtre, au nom de l’Evangile, a permis au christianisme naissant d’intégrer les croyants de toute ethnie, de toute langue, de toute culture sans qu’ils aient besoin d’en changer. Le ferment de l’Evangile a su atteindre les cultures sans les cloner.

Quel que soit le sens eschatologique donné au « reste » dans l’Apocalypse de Jean, il ne peut faire l’économie de l’apport de Jésus, et de Paul à sa suite, et omettre cet esprit d’ouverture et d’amour qui conditionne le regard que l’on pose sur celui qui nous est étranger. Il n’y a de partage authentique que dans le respect et l’amour de l’autre.
 

Application


   1. Mon identité de membre de l’Eglise du reste est-elle appréciée dans mon entourage ?
   2. Suis-je conscient de la faveur imméritée qui m’est faite de participer à un projet divin d’amour ?
   3. Comment les autres chrétiens me considèrent-ils ?

Exercices de contrôle personnel


Vrai ou faux ? Entourez le V si la déclaration est vraie, ou le F si une partie de celle-ci est erronée. Contrôlez vos réponses avec le tableau de contrôle personnel à la fin de votre guide d’étude.

 1. Dans l’Apocalypse, Babylone est un symbole des nations qui ont persécuté le peuple de Dieu, en particulier l’empire romain
 V F
 2. Le message du premier ange porte une bonne nouvelle V F
 3. L’Eglise du reste est hors du monde V F
 4. Dieu est resté fidèle à son alliance avec Israël parce que certains lui sont restés fidèles et avaient la foi.
 V F
 5. La notion de reste n’a jamais varié dans l’Eglise adventiste V F
 6. Pour être membre du reste il faut le mériter V F


Pour aller plus loin :


Voir la bibliographie mentionnée dans les textes.

1 Nous ne donnerons pas dans cette étude les différentes racines qui contiennent la notion de reste, ni les différents sens qu’elles peuvent avoir. En effet, le vocabulaire est si banal qu’il n’a aucune valeur technique. Il faut chaque fois se reporter au contexte.

2 The Remnant. The history…, p. 144.

3 La lecture qu’en fera 2 P 2.7-9 n’intervient pas ici, car notre objet est l’étude du reste dans la Genèse.

4 Notons que Jésus lui-même fait un parallèle entre l’époque de Noé et de Lot et celle qui précède la fin du monde (Mt 24.37 ; Lc 17.26-30).

5 C’est bien le sens que l’on peut donner à la présence de la généalogie d’Adam jusqu’à Noé, juste avant le récit du déluge.

6 Notons pour mémoire en Ap 11 le rapprochement entre l’œuvre des deux témoins et celle d’Élie: ils crachent du feu (2 R 1.10): ils empêchent la pluie de tomber (1 R 17.1) ; ils montent au ciel dans la nuée (2 R 2.11). Sept mille hommes sont mentionnés (1 R 19.18). En Ap 12, la femme s’envole au désert pour y être nourrie, comme ce fut le cas pour Élie (1 R 17.3-6). Enfin, la bête qui monte de la terre en Ap 13 veut établir un culte idolâtre et mettre les récalcitrants à mort, comme ce fut le fait de Jézabel (1 R 19.2,10). Le monstre fait descendre le feu du ciel à l’imitation d’Élie. Or, c’est dans ce contexte que le reste fidèle est mentionné.

7 The Remnant. The history…, p. 171.

8 A. KLOSTERMANN, Die Bücher Samuelis und der Könige,  Kurzgefasster Kommentar zu der h. Schriften, A. T. 3, Nordlingen, 1887, ad. Loc. ; O. PROCKSCH, Theologie des A. T., Gutersloh, 1950, p. 138; J. J. STAMM, „Elia am Horeb“, Studia biblica et semitica. Festschrift Th. C. Vriezen, Wageningen, 1966, p. 333 et suivantes. Cité par F. DREYFUS, « Reste d’Israël »…, col. 422.

9 The Remnant. The history…, p. 204.

10 Idem, p. 206.

11 The Remnant. The history…, p.396.

12 “The Perth Declaration”, Adventist Review, 7 novembre 1991, p. 7.

13 Cf. H. K. LARONDELLE, “Interpretation of Prophetic and Apocalyptic Prophecy”, A symposium on Biblical Hermeneutics, éd. G. H. Hyde, RHPA, Washington DC, 1974, p. 225-249. K. A. STRAND, Interpreting the Book of Revelation. Hermeneutical Guidelines, with Brief Introduction to the Literary Analysis, 2e éd., Naples (Flo), 1979. R. LEHMANN, “Les liens de parenté entre Daniel et l’Apocalypse”, Prophétie et eschatologie (Conférences bibliques Division eurafricaine), Séminaire adventiste du Salève, 1982.

14 Voir K. H. STRAND, Interpreting the Book of Revelation…, p. 18-22.

15 D. S. RUSSEL, cité par P. FUCHON, « Sur l’interprétation des apocalypses », Apocalypses et théologies de l’espérance. Congrès de Toulouse 1975, (Lection Divina 95), éd. L. Mouloubou, Le Seuil, Paris, 1977, p. 435.

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[1] Etude parue dans Autour de la croix : Confrontations et conciliations (Mélanges Georges Steveny). Collonges sous Salève : Faculté adventiste de théologie, 2003. p. 117-127.

[2] « L’Eglise du reste », L’Eglise de Jésus-Christ. Sa mission et son ministère dans le monde. (Etudes en Ecclésiologie Adventiste, Vol. II), Ed. Comité de recherche biblique. Conférences bibliques de la Division eurafricaine, 1993, Dammarie-les-Lys : Vie et Santé : 1995, p. 71-96.

[3] « Et, en tous ces témoignages glorieux, un mémorial de ta [Grâce] existe au milieu de nous pour secourir les restes et les survivants de ton Alliance et pour qu’ils ra[content] tes œuvres de vérité… » Règlement de la Guerre, XIII, 8, 9. Tous ces textes sont extraits de La Bible. Ecrits intertestamentaires (Bibliothèque de la Pléiade), Paris : Gallimard, 1987.

[4] « Et je me suis consolé au sujet du grondement de la foule et du tumulte des r[oyau]mes, quand ils se sont assemblés ; [car] je [sa]is que tu élèveras dans peu de temps les survivants parmi ton peuple et le reste parmi ton héritage, et que tu les as épurés pour qu’ils fussent purifiés de (toute) faute. » Hymnes J, VI,8, 9

[5] « Et Dieu considéra leurs œuvres, car d’un cœur parfait ils L’avaient cherché ; et il leur suscita un Maître de justice pour les conduire dans la voie chère à Son cœur et pour faire connaître aux dernières générations ce qu’Il à la dernière génération, à la congrégation des traîtres. » Ecrit de Damas I, 1-4 et 10, 11

[6] « Mais grâce à ceux qui étaient restés attachés aux commandements de Dieu, (et) qui leur avaient survécu comme un reste, Dieu établit Son Alliance avec Israël à jamais, leur révélant les choses cachées à propos desquelles s’était égaré tout Israël : Ses sabbats saints et Ses fêtes glorieuses, Ses témoignages de justice et Ses voies de vérité, et les désirs de Sa volonté, que l’homme doit accomplir pour qu’il vive grâce à eux… » Ecrit de Damas, III, 12-16.

[7] « Béni soit le Dieu d’Israël à cause de tout son plan de sainteté et de ses œuvres de vérité !
Et b[én]is soient tous ceux qui Le [ser]vent dans la justice, ceux qui Le connaissent par la foi !
Et m[au]dit soit Bélial à cause du plan d’hostilité ! Et exécré soit-il à cause de son service coupable !
Et maudits soient tous les esprits de son lot à cause de leur plan impie !
Et exécrés soient-ils à cause de leur service souillé et impur !
Car ils sont le lot des ténèbres, tandis que le lot de Dieu est pour la lumière [éternell]e ! […]
Et, en tous tes témoignages glorieux un mémorial de ta [Grâce] existe au milieu de nous pour secourir le reste de survivants de ton Alliance et pour qu’ils ra[content] tes œuvres de vérité et les jugements de tes hauts faits merveilleux. » Règlement de la guerre, XIII, 2-9.

[8] « Quant aux biens des hommes de sainteté qui vont dans la perfection, que leurs biens ne soient pas mêlés avec les biens des hommes de tromperie qui n’ont pas purifié leur voie pour se séparer de la perversion et pour aller dans la perfection de voie. » Règles de la Communauté, IX, 8, 9.

[9] « La religion juive », Introduction à la Bible, dir A Robert et A. Feuillet, Tome II, Nouveau Testament, Tournai : Desclée, 1959, p. 68.

[10] Matthieu 23.2, 3.

[11] Cf. Nicodème, Jean 4.

[12] Marc 7.3, 4.

[13] Marc 2.16

[14] « Ils conduisirent Jésus de chez Caïphe au prétoire: c'était le matin. Ils n'entrèrent point eux-mêmes dans le prétoire, afin de ne pas se souiller, et de pouvoir manger la Pâque. » Jean 18.28.

[15] « Vous savez, leur dit-il, qu'il est défendu à un Juif de se lier avec un étranger ou d'entrer chez lui; mais Dieu m'a appris à ne regarder aucun homme comme souillé et impur. » Actes 10.28. Voir 10.6.

[16] Luc 5.21

[17] « Alors les principaux sacrificateurs et les pharisiens assemblèrent le sanhédrin, et dirent: Que ferons-nous? Car cet homme fait beaucoup de miracles. Si nous le laissons faire, tous croiront en lui, et les Romains viendront détruire et notre ville et notre nation. » Jean 11.47, 48.

[18] Jean 3.7.

[19] Le monde du Nouveau Testament, Yaoundé : CLE, 1978, p. 85.

[20] « Mais cette foule qui ne connaît pas la loi, ce sont des maudits! » Jean 7.49.

[21] Luc 18.9-14.

[22] Luc. La joie de Dieu. Trad. E. De Robert, J. Carrère (Paroles pour vivre), Neuchâtel : Delachaux et Niestlé, 1958, p. 189.

[23] Idem, p. 190.

[24] Cf. Philippiens 2.3.

[25] Luc 19.1-10.

[26] Luc 24.26 ; Matthieu 16.21 ; Marc 8.31 ; etc.

[27] Théologie du Nouveau Testament. 1. La prédication de Jésus. (Lectio Divina 76). Paris : Cerf, 1975, p. 149.

[28] Marc 2.17.

[29] Matthieu 11.16-19.

[30] Actes 8.1.

[31] Lire Actes 7.1-53.

[32] Romains 10.12, 13.

[33] Galates 3.28.

[34] 1 Corinthiens 9.19-23.

[35] Romains 11.5-11.

[36] 1 Corinthiens 10.1-5.

[37] Galates 1.4.

[38] Ephésiens 2. 14-19.
 

Pour une famille épanouie

Former des habitudes
Il est des habitudes bonnes, nécessaires, indispensables même. On a dit que l'homme est un être d'habitudes, du moins il devrait l'être. Les automatismes nous permettent d'accomplir certaines fonctions sans faire appel à notre énergie mentale, qui doit être réservée à des domaines exigeant une précision et un soin particuliers. Les mouvements musculaires que nous faisons pour marcher ou pour manger sont des réflexes acquis, autrement dit des habitudes. De nombreux organes de notre corps fonctionnent automatiquement, qu'il s'agisse de manger, de digérer, de dormir, etc.

Pour qu'une personne puisse se comporter de façon normale, elle doit cultiver de bonnes habitudes. C'est également important sur le plan des relations avec autrui. De mauvaises habitudes peuvent causer sur le plan affectif une perturbation momentanée, parfois même définitive : complexe d'infériorité, incapacité de maîtriser certaines fonctions ou facultés.
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Principes de santé physique et mentale

1/6 - L'influence du foyer
Le foyer devrait être pour l'enfant le lieu le plus attrayant du monde, et la présence de la mère, son bien le plus précieux. L'enfant a une nature sensible et aimante ; un rien fait son bonheur, un rien l'attriste. Par une discipline aimable, des paroles et des actes empreints de tendre affection, la mère peut facilement gagner son cœur.

Les jeunes enfants aiment la compagnie et ont rarement du plaisir à rester seuls. Ils sont avides de sympathie et de tendresse, et pensent que ce qui leur plaît, plaît aussi à maman. Il est donc naturel pour eux d'aller à elle avec leurs petites joies et leurs petits chagrins. Aussi devrait-elle veiller à ne pas blesser leur cœur sensible en traitant avec indifférence les choses qui, insignifiantes à ses yeux, ont pour eux une grande importance. Un regard approbateur, une parole encourageante, un éloge réchauffera leur cœur comme un rayon de soleil, et suffira pour les rendre heureux toute la journée.

Au lieu de les éloigner d'elle, pour ne pas être dérangés par le bruit de leurs jeux ou leurs petites exigences, la mère devrait leur proposer des amusements ou leur procurer de petits travaux qui occuperaient leurs mains agiles et leur esprit toujours en éveil. En se plaçant à leur niveau, en prenant part à leurs distractions, en dirigeant leur activité, elle gagnera leur confiance et trouvera des occasions favorables pour corriger leurs mauvaises habitudes, réprimer leur égoïsme ou leurs comportements. Un conseil ou une réprimande en temps opportun a une grande valeur. Avec de la patience et de l'affection, elle peut diriger leur esprit dans la bonne voie et cultiver en eux des traits de caractère attrayants.
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Reflexions

Sortir de la victimisation... C'est possible


"Rien ne va comme je le voudrais et surtout, surtout je ne vois pas d'issue... Je n'espère plus rien. Je doute de tout et bien sûr de moi-même !"

Oui, la déprime sociale bat son plein. Plus personne ne croit que la crise est éphémère, on est persuadé qu'elle est installée pour longtemps. Qu'elle a pris ses quartiers et ses aises dans la vie de chacun... Mais avez-vous remarqué ce coin de ciel plus bleu, cet air plus jeune, ces regards plus vivants, ces gestes plus osés, plus livres le jour de la victoire de la France au Mondial de 1998 ? Et même les jours qui ont suivi.

Durant les quinze dernières années, la vie semble s'être un peu rétrécie, comme une lente stérilisation de sa sève. La vie porteuse d'espoir est entrée en nostalgie. Et nous, les humains abattus ou plus frileux, nous avons appris à cacher nos rêves, à déserter l'enthousiasme et à maltraiter nos possibles...

Mais avez-vous su
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Une journée bien employée donne un bon sommeil, une vie bien employée procure une mort tranquille.

Léonard de Vinci


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